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Chaud ! Krill devant!

La satisfaction… ce n’est pas en principe le sentiment qu’un auteur-écrivain éprouve facilement. S’il ne marche pas à côté de ses pompes, il voit plutôt les points noirs de son « œuvre », ses abcès, ses furoncles ; il en mesure l’approximation, les creux, le vide… En règle générale, elle est plutôt là, sa destinée : mariner dans l’insatisfaction.

Mais peut-être que je ne parle ici que de moi-même, et de ma soif de toujours faire aujourd’hui mieux qu’hier…

Eh bien, le croirez-vous, pour une fois me voici satisfaite.

(Ici, on entend l’Alléluia de Haendel)

tout en admirant, hosannah! « La procession des anges » peint par Elisabeth Sonrel

Je tenais à le faire savoir, merdre, ce n’est pas tous les jours que ça m’arrive !

Et quel objet attise-t-il-t’y cette joie barbare et bestiale ?

Un tout petit animal, de la taille d’un insecte, perdu dans les immensités océaniques : le krill.

Oui, cette menue bestiole dont chaque jour les grands mammifères marins ingèrent des tonnes, cette insignifiante crevette dont l’huile se vend à prix d’or !

Ou plutôt sa pathétique destinée…

Oui, cela, plutôt : ses tribulations.

Évidemment pas celles de l’engeance qui, la pauvre, peuchère, hélas, ne réserve aucun suspens : née pour vivre en groupe, la petite crevette n’a que le temps d’atteindre la taille d’être consommée avant que de finir sa piteuse existence dans le ventre d’un cétacé ou la gélatine d’une capsule.

Non, non, je parle d’une de ces crevettes qui, par on ne sait quel sortilège, ne réussit pas à trouver sa place dans le banc et se trouve derechef en rupture de ban.

Je veux parler bien entendu de ce petit bouquin que je viens de sortir « Tribulations de krill en rupture de ban »

Le thème : une boomer imagine ce qu’elle pourrait bien raconter à un fils qu’elle aurait eu en 1979 et qu’elle rencontrerait par hasard en 2021. Une quarantaine d’années à passer entre les mailles du filet d’une société à l’agonie.

L’occasion pour tout un chacun de descendre de son petit nuage pour prendre conscience de ce qu’il est vraiment et seulement : un krill, nom de nom !

Les premiers lecteurs en disent

Ce livre est un manifeste. Son message est puissant…. Son livre m’a parlé et résonne encore en moi. Le regard que porte l’auteure sur le monde est sobre, percutant et sans pitié. Le ton est fort, dur, iconoclaste, sans indulgence, fracassant même. Il ne vous laissera pas indifférent. Moi, il m’a bouleversé, et j’ai beaucoup aimé.

*

Cette lecture a aussi fait écho en moi à de nombreux moments, et ces NON, ces putains de NON, je me sens moins coupable de les lâcher à la gueule de tous ceux et celles qui le méritent. Donc merci, j’en avais vraiment besoin de cette bouffée d’air salvatrice en fait 🙂

*

C’est à ce niveau qu’on écrit. La descente aux enfers et puis la remontée, la remontée sans se retourner pour ne pas laisser tomber ce qu’on était allé sauver. Une grande leçon de ténèbres.

*

Notre civilisation, pour reprendre une image que tes écrits m’ont inspirée, c’est comme un paquebot sur son erre d’aller. Poussée par le « désir », il n’y a pas de prise pour le dévier. Les individus deviennent « des esclaves impuissants. » Les marginaux sont en chaloupe! C’est un réquisitoire qui dérange, mais nécessaire.

Manque plus qu’à vous faire votre propre idée.

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