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Luigi Mollo, poète

Mercredi 4 mars, campagne de « promotion » d’Adieu Amériques, j’ai rendez-vous avec Luigi Mollo, président de l’association l’Italie à Toulouse. « Monsieur Mollo lui aussi est écrivain », m’a glissé la secrétaire.

Aussitôt, je m’attends à rencontrer un napolitain aux tempes argentées, un érudit, un vieil homme aux allures aristocratiques désinvoltes, une espèce de monument flamboyant et insaisissable. Du lourd, pour le dire en un mot.

Moi, vous me connaissez : toujours sur les nerfs, à cran, fonçant à travers les immenses steppes de l’existence avec la légèreté du char d’assaut.

Quand Luigi Mollo est entré dans la pièce, j’ai eu l’impression d’arriver à fond dans une mer de sable. Trop tard pour me composer un personnage tout en retenue, féminin et délicat. D’ailleurs, quand on est l’auteur d’Adieu Amériques, tout espoir est perdu de ce côté-ci.

Donc, je suis restée nature, et là, j’ai eu une des plus étranges sensations : Luigi Mollo absorbait mes propos déments et grotesques avec une grâce quasi divine. Je l’ai quitté une heure plus tard, apaisée, état qui, chez moi, se rapproche plus du K.O. que de la béatitude.

Par la suite, j’ai découvert quelques écrits de Luigi, et j’ai élucidé une part de ce qui s’était passé lors de notre entrevue.

Pour commencer, Luigi Mollo est poète. Entendons-nous bien, il n’écrit pas de la poésie, il est poète. Jusque-là, je n’avais jamais imaginé qu’il puisse y avoir distingo, je ne m’étais d’ailleurs jamais interrogée à ce sujet. Je sais à présent : ceci est la clé qui donne à un groupe de mots cette résonance particulière qui murmure l’écho du Mystère.

Le poète a un corps qui ne se mesure ni à sa taille ni à son poids, mais à sa densité. Pendant que Luigi m’écoutait du regard, je sentais sa respiration lointaine, profonde, accordée sur les rythmes du « temps du rêve », et j’ai compris qu’il se trouvait dans cet espace en suspens, à la fois intérieur et extérieur, où il nourrit sa vision du monde et où il puise l’inspiration.

Et dès que j’ai lu ses vers, j’ai reconnu le souffle profond que j’avais ressenti ce mercredi de mars.

Je pense qu’on a chacun sa définition de la poésie.

Voici la mienne, je l’ai empruntée à Don Juan de Castaneda, lequel décrit l’univers comme juxtaposition d’une dimension sensible et descriptible —qu’il appelle tonal—et d’une dimension subtile, non appréhendable par les sens ou le mental —qu’il appelle nagual. Pour Don Juan, est poète celui qui réussit à capturer l’essence du nagual et en témoigne à travers une forme d’écriture particulière. Et dans ses lignes, on sent la nostalgie de cette vision fugitive.

J’ouvre le livre « L’acqua, la vita, il sogno » (L’eau, la vie, le rêve. Edition bilingue) de Luigi, au hasard, page 41

Il me semble bien que cet homme a entrevu le nagual, non ? Qu’en pensez-vous ?

« L’eau, la Vie, le Rêve » -édition bilingue- page 43

« L’eau, la Vie, le Rêve » -édition bilingue- page 61

« L’eau, la Vie, le Rêve » -édition bilingue- page 87, haiku cinque

Et voici une définition de la poésie selon Luigi Mollo

« Comme un vaisseau qui fend les mers et réveille notre imaginaire, les poésies et les histoires sont le sel et la nourriture de notre vie….

La poésie est le fil conducteur de tous mes écrits, elle est venue à travers des images qui apparaissent timides sur le fond de la scène, et à travers celles qui se détachent fièrement devant l’objectif ; à travers toutes celles qui se présentent dans l’espace bref et intense de la vie….

Le rire et les pleurs, l’attente et la renonciation, l’enthousiasme et l’amour, la pitié et la compassion, l’esprit et la chair, la tristesse et l’espérance, tout se condense dans l’espace de la poésie et nous coupe le souffle, nous comprime l’estomac, souffle en nous l’enthousiasme et nous pousse à crier, à étreindre et à secouer, à pleurer en silence et regarder avec amour et miséricorde. C’est le jeu éternel et répétitif de notre âme qui s’élève un instant dans un spasme, qui tend vers les espaces du ciel et des nuages avant de retomber avec légèreté ou au contraire avec grand fracas sur le sol. »

Luigi Mollo a publié trois livres de poésies et de nouvelles: « L’eau, la Vie, le Rêve », « Mariposa », « Le parole della nostra vita ». Ses derniers écrits « Folegandros  » sont en voie de publication.

Pour tout renseignement concernant ses livres, contactez-moi, je transmettrai

Voici maintenant une présentation de Luigi Mollo trouvée dans Il Giornalino dell’Associazione “L’Italie à Toulouse” Janvier 2019

Il nait à Naples (Italie) en 1953 et s’installe définitivement à Toulouse en 1985. Son intérêt pour les voyages et pour les cultures, ainsi que l’approfondissement des thèmes sociologiques et les dynamiques psychologiques, l’ont toujours motivé aux voyages et à la communication. Il a effectué des études dans le domaine des Constructions Aéronautiques, à Naples. Il a ensuite obtenu un diplôme en Sociologie (Anthropologie Culturelle) en 1983. Il a travaillé dans une importante industrie aéronautique, entre Turin, et à Naples, puis en expatriation à Toulouse et Singapour. Il a aussi vécu en Asie du Sud Est, où il a pu apprendre et aimer l’art et la culture de ces lieux. Depuis toujours, Luigi est passionné de littérature, avec un penchant pour les auteurs nord-américains et japonais à cheval entre les deux siècles. La poésie est pour lui, une des formes d’expression au travers de laquelle, les désirs et les souffrances de l’esprit au cours du voyage de la vie, s’expriment.

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