L’erreur du débutant
Comme je voyais Instagram comme un grand album photo, je considérais les légendes comme une corvée administrative : il fallait bien écrire quelque chose dans la partie de droite, car ce vide ne faisait pas joli.
À côté du choc des photos, le poids (oui, le poids) des mots.
Alors j’alignais une phrase bidon, deux émojis (parce qu’on est sur Insta, oui ou non ?), un hashtag ou deux, et basta.
Eh bien, encore une fois, c’était une grosse bêtise.
Apprentissage
La légende Instagram n’est pas une explication de l’image, ni un “blablabla”.
C’est une formidable opportunité de toucher son lecteur.
Car, eh oui, mes Loulous, les livres ne se vendent pas par vitrines (il faut être un peu corniaud pour acheter une jolie couverture, autant acheter un poster) : les livres se partagent par reconnaissance intime.
La légende est cet instant crucial où l’image devient parole — où tu cesses de publier pour exister, et commences à écrire pour rencontrer.
Et note bien ça : tu n’écris pas pour “tout le monde”. Tu cherches ces quelques lecteurs qui, comme toi, aiment la [solitude] (remplace par ce qui te concerne), les [silences], la [phrase juste], la [blessure dite sans pose].
La légende n’est donc pas un exercice marketing, mais une tentative de rendez-vous littéraire.
Chaque mot est une main tendue vers ceux qui t’attendaient déjà, sans le savoir.
Réfléchis à qui fait tribu avec toi. Tes livres n’intéresseront pas le monde entier.
Si Mélissa Da Costa vend énormément (et tu sais que je m’en réjouis pour elle), c’est parce qu’elle ratisse large.
Ses textes sont peu incarnés (ce n’est pas une critique), ce qui leur permet de convenir à des milliers de lectrices.
Le lectorat de Mélissa Da Costa
- Majoritairement féminin (80 % environ), entre 25 et 60 ans, cœur de cible : 35–50 ans.
- Lectrices en quête d’émotion vraie, pas de performance stylistique : elles veulent ressentir, pas analyser.
- Beaucoup appartiennent à la génération “burn-out / reconversion / hypersensibilité” : besoin de douceur, de nature, de réconciliation avec soi.
- Elles lisent pour se réparer, non pour s’évader : la lecture est un soin.
- Elles aiment les univers simples mais profonds, souvent ruraux ou montagnards, avec des personnages cabossés, des renaissances, des silences.
- Leur esthétique Instagram : slow life littéraire — paysages, lumière naturelle, carnets, citations, plantes séchées, thé fumant.
- Elles suivent volontiers d’autres autrices de la même veine : Carène Ponte, Agnès Ledig, Clarisse Sabard, Valérie Perrin.
En résumé : une littérature du sensible et du réconfort, pas de l’expérimentation. Elles ne veulent pas être bousculées, mais consolées — mot clé : apaisement.
Catarina Viti, rien de commun (lol)
- Des lecteurs exigeants, 30–60 ans, qui cherchent du style, pas du formatage.
- Ils aiment la nature, la solitude, les silences habités.
- Ce sont des lecteurs de blessures : ils veulent sentir, pas consommer.
- Ils fuient le bruit et les discours faciles.
- Sur Instagram, ils se reconnaissent dans les images simples et poétiques, les mots vrais, la lenteur.
Deux visages les incarnent :
• Claire (47 ans) : lectrice d’histoires intenses, sans fioritures, prégnance de l’écriture.
• Thomas (35 ans) : lecteur d’intensité, de vérité, de vertige.
Tous deux cherchent, à travers Viti, une autrice qui écrit pour vivre et non pour plaire — une voix de contre-courant, enracinée et vibrante.
Raison pour laquelle il serait absurde que Viti montre ses poulettes (Gingie et Rosalie), son bureau, ou ses photos de vacances : son public s’en contrefiche.
Action
Exister 🌱 (le minimum vital, sincère et solide)
- Sache à qui tu t’adresses.
Pas à des “followers”. À des êtres humains qui ressentent comme toi.
Imagine un prénom, un visage, une fatigue. Écris pour lui. - Commence par quelque chose de vrai pour toi.
Les 120 premiers caractères : c’est ton cœur à nu. Une phrase, pas un slogan. Exemple : “Si c’est la nature qui m’a donné le désir de survivre, c’est le Dojo qui m’a appris comment.” - Trouve ton ton unique.
Choisis trois adjectifs fidèles à ton univers (lucide, pudique, sauvage ?).
Laisse-les te guider : ils forment ta boussole intérieure. - Sois sobre avec les hashtags.
N’en mets pas 30. Trouve ceux qui suffisent, précis, mais surtout cohérents avec ta publication.
Tu peux, selon le contexte, explorer des univers connexes :
#catarinaviti #monbestlibraire #inspirationlittéraire #kendo #dojo #okada #auteurindépendant #autoéditionfrançaise #écritureauthentique #romansfrançais #écrirepourdebon.
Ce sont des balises, pas des béquilles.
Briller ✨ (le supplément d’âme)
- Pose une vraie question de résonance.
Tu peux interroger ton lecteur dans la légende :
“J’ai fait ceci, j’ai cru cela… et vous ?”
ou “Vous vous souvenez de la dernière fois où… ?”
Invite à la parole, pas à la réaction.
(Regarde comme c’est difficile pour toi de laisser un commentaire si l’auteur ne t’aide pas un peu !) - Varie les registres de questions.
• Réflexive : “Qu’attendez-vous de vos lectures ?”
• Complice : “Avez-vous aussi l’impression que je coupe mes phrases trop tôt ?”
• Introspective : “Et si le silence était déjà une réponse ?” - Ajoute un appel à l’action, doux mais clair.
→ “Extrait en story.” / “Lien dans la bio.” / “Dites-moi si cette phrase vous ressemble un peu.”
Des études montrent que mentionner “lien dans la bio” augmente légèrement la visibilité. - Mentions : avec mesure.
@cite seulement si cela enrichit le sens (librairie, lecteur, artiste).
Chaque mention doit renforcer le lien, pas le bruit.
Écris ta légende comme une lettre à quelqu’un que tu ne connais pas encore, mais que tu espères rencontrer.
Checklist avant publication
- ❎️La première phrase de ma légende apporte du contenu.
- ❎️J’ai réussi à transmettre mes valeurs et visions dans ce court texte.
- ❎️Mon appel à l’action n’impose rien : il invite.
Exemples concrets que tu peux utiliser ou adapter
Post extrait de roman (court)
J’ai coupé sept pages et gardé cette phrase. Est-ce qu’elle tient debout sans ses béquilles ?
“Une nuit, la ville m’a regardée partir sans me retenir.”
Et vous, vous gardez quoi quand vous taillez ?
#extraitroman #autrice #atelierdécriture
Post coulisses (longueur moyenne)
J’ai jeté mon chapitre 3. Oui, entièrement.
Pourquoi ? Parce que je trichais : du remplissage pour cacher que je n’avais pas la scène.
Aujourd’hui, j’ai pris le café avec mon doute (il est têtu, mais il paie sa tournée).
Résultat : deux pages nettes, une décision, et ce sentiment, vous savez, de respirer enfin.
Vous faites quoi de vos scènes qui sonnent faux : vous les réécrivez ou vous les brûlez rituellement ?
→ Extrait en story.
#journaldauteur #romanencours #écriture
Post “appel à lire” (CTA fort)
La fin change tout.
J’ai mis en ligne un chapitre court (2 min de lecture).
Dites-moi si le dernier paragraphe vous surprend ou vous agace — je prends les deux.
→ Lien dans la bio (“Lire : Chapitre 6”).
#lecturedujour #littérature
En conclusion
Si tu appliques ces principes pendant quatre jours, tu peux espérer :
• des commentaires plus denses (moins de “top !”, plus de vrais échanges),
• un taux de réponse qui grimpe, parce que ta question appelle une expérience,
• une cohérence de voix qui se dessine (et se retient),
• une habitude nouvelle : première ligne claire, question précise, action simple.
Pense à télécharger ton PDF interactif
A dans 4 jours pour l’avant-dernier tuto : les stories et les highlights
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