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Comment parler de son livre sur Instagram

Mon erreur de débutante

Nouvellement arrivée sur Instagram et pleine d’enthousiasme, j’ai eu la brillante idée de présenter mon livre comme si j’étais invitée chez François Busnel. « Bonjour, je m’appelle [Catrina Viti], j’ai écrit une novella [Le temps des Cerises], du noir social, ambiance « vengeance », lutte des classes, avec un personnage blessé : Louise, devenue machiavélique à causes de souffrances, et à qui il vient une envie de meurtre quand elle retrouve bien portant les assasins de son univers. Voilà. À vous les studios. »
Résultat ? Trois likes (ma belle-sœur, mon chat, et un bot russe avec un pseudo louche). Mais non, je plaisante… à peine.

Ce que j’ai compris

C’est vrai que c’est ainsi que cela se passe dans les émissions littéraires : on fait venir un écrivain et on lui demande de parler de son livre, de son inspiration, de sa manière d’écrire.

Alors, oui, un écrivain médiatisé peut s’y prendre ainsi que je l’ai décrit dans ma petite introduction, mais pas moi. Pas vous. Pour la seule et unique raison que nous ne sommes pas invités par France Culture. Nous ne sommes même pas interviewés par Micheline Palisse de Porcelaine Magazine. Le contexte n’est pas celui-ci, et il est donc inévitable que nos publications fassent flop ! ou plouf.

Elle est là, la grande différence. Il y en a même plusieurs : nous sommes de parfaits inconnus, et notre livre est -pour l’instant- invisible, inexistant. Aussi, en parler comme on parle du dernier Nothomb n’a aucun sens.

Il faut y aller par plusieurs chemins. Le but est que quelqu’un, quelque part, apprenne qui est [Catarina Viti], et que [Le temps des Cerises] est un livre qui pourrait lui faire passer un bon moment.

La leçon que j’ai retenue sur Instagram

  • Les lecteurs ne veulent pas un résumé, ils veulent une sensation.
  • Ils veulent goûter à notre univers avant même d’ouvrir une page.

Bref, on ne “présente” pas son livre. Plus justement : on l’incarne, on en partage quelques éclats, quelques émotions, on en donne des clés.

Et croyez-moi quand je vous dis que je n’ai pas encore trouvé ma formule. MA FORMULE, oui, car cela ne sert à rien de suivre les conseils qui passent. Ce sont d’ailleurs toujours les mêmes qui reviennent en boucle, perdant un peu plus de leur efficacité à chaque utilisation.

Essayons de répondre au deux questions centrales

  • Qui est [Catarina Viti] ?
  • Comment [Le temps des Cerises], qui est un livre, pourrait faire passer un agréable moment à un lecteur ?

Il existe plusieurs manières de se positionner en tant qu’auteur d’un livre

  • Se montrer (ce que fait si merveilleusement notre ami Daryl Nicolas),
  • Ou simplement montrer sa tête,
  • Parler de soi écrivain,
  • Parler de soi « personne » / montrer ses goûts, ambitions, hobbys, luttes, etc.
  • Parler / montrer son univers d’écrivain,
  • Parler d’autres écrivains, de ses inspirations,
  • Mais de grâce ! personne ne nous connaît, aussi je ne crois pas qu’il soit bien nécessaire de partager avec le monde entier nos manies d’écrivains, nos rituels, « nos coulisses d’écriture »… même si cela fait partie des conseils rebattus.

Il existe plusieurs manières de faire passer le message : « mon livre pourrait bien vous faire passer un bon moment ».

Oui, là aussi, laissez à Gallimard les prétentions littéraires. Je sais, c’est dur (LOL) !

Primo : votre livre n’intéresse pas tout le monde. Ne proposez pas un taboulé sans gluten à des gens qui n’aiment pas le maïs.

  • Votre livre est fait pour quel type de lecteur ? On ne présente pas une romantasy comme un roman psychologique, un drame familial comme de la SFF. On n’en parle pas avec les mêmes mots ni avec les mêmes visuels,
  • Votre couverture est-elle « virale »* (et pour qui) ? Si oui, vous pouvez la placarder, autrement, inutile d’insister, *cela se sait immédiatement par les réactions.
  • Quels sont les thèmes traités dans votre livre ?
  • Quelles émotions transmet votre livre ?
  • Quels sont les conflits auxquels sont confrontés vos personnages ?

Demandez-vous quel est l’intérêt de lire votre livre.

Deuxio : un livre, ce n’est pas qu’un scénario et des émotions, c’est aussi une écriture. Vous devez impérativement faire connaître votre écriture et pour cela, il n’y a pas trente-six manières : il faut faire goûter.

  • Quels sont les passages clés de votre livre ?
  • Quelles sont les belles phrases ?
  • Où sont les « punchlines » (phrases chocs qui vont rester imprimées dans la mémoire du scrolleur)
  • Si vous avez une belle voix, ou connaissez quelqu’un qui… et si vous avez un bon matériel, pensez au podcast.

Voici donc quelques idées parmi les principales.

Rappelez-vous bien qu’il n’y a pas de recettes, et que ce qui fonctionne pour moi ne fonctionnera pas forcément pour vous et réciproquement.

>> Ce qu’il vous faut, c’est trouver ce que vous avez envie de faire, ce qui va vous procurer du plaisir, ce qui va vous permettre de découvrir les trésors insoupçonnés de votre livre. Et si vous partiez de cette métaphore : votre livre est un trésor enfoui sur l’île Instagram. A vous d’organiser la chasse.

A toi, maintenant !

Exister 🌱

Le minimum vital pour se lancer, sans paniquer :

  1. Listez 3 thématiques fortes de votre livre. Exemple pour Le temps des Cerises :
    • La vengeance.
    • La mémoire ouvrière.
    • Le prix de la souffrance.
  2. Pour chacune, écrivez un mini-post qui suscite une émotion :
    • Peut-on faire l’économie de la vengeance quand on retrouve bien portants ceux qui ont décimé sa famille ?
    • Et si on se souvenait de nos ancêtres ouvriers ? Leurs corps abîmés, leurs rêves déchirés… C’est là que mon roman plonge ses racines.
    • La douleur, parfois, transforme. Elle peut même rendre monstrueux. Mais est-il si simple de devenir un saint ?

Briller

Quand vous êtes prêt à aller plus loin :

  1. Choisissez une de vos thématiques et créez une mini-série :
    • Publication (ou réel) 1 : une image forte (carrousel avec des photos libres de droits qui évoquent votre univers).
    • Publication (ou réel) 2 : un extrait de votre livre (une phrase choc, pas plus de 2 lignes dans votre version imprimée).
    • Publication (ou réel)  3 : une question engageante : “Et vous, pardonneriez-vous ?”
  2. Recommencez avec une autre thématique. Vous transformez votre livre en kaléidoscope : plusieurs reflets, plusieurs sensations.

Résultat :

Vous ne parlez pas seulement d’un livre, vous faites vivre une expérience.

Prochain tuto : à la reccherche des bons followers


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