Dante, une histoire de famille…

Comment croyez-vous que se soit passée ma rencontre avec le Prince de la poésie ? En furetant dans la bibliothèque de Papa ? Eh bien, non. Des livres nous n’en avions pas. Mes parents ne lisaient pas, ou à peine. Du journal, mon père ne parcourait que les pages sportives et celles des faits divers, ma mère, celle de la nécro, le reste lui donnait la migraine.
Non, non, aucun furetage dans les rayonnages d’une quelconque bibliothèque familiale.

J’ai connu l’existence de Dante un soir où, goguenard, mon père me regarde m’escrimer avec un bouquin scolaire : « Qu’est-ce que tu cherches à apprendre là-dedans, bourrique ?» me demande-t-il toujours gracieux. « Tu ne sais même pas ce qu’est un livre. » Je proteste pour la forme, car il a par principe le dernier mot : « Tant que tu n’auras pas lu Dante, tu n’auras rien lu. » (Évidemment, mon père ne s’exprimait pas dans ce français… J’adapte, j’adapte).

Voilà, c’était jeté ; ça avait tout du double défi : Je devais découvrir ce Dante pour prétendre devenir une personne cultivée et une véritable italienne en sol français. Je dirais donc que Dante s’est présenté à moi sous couvert d’une affaire de famille.
Le destin n’avait pas permis à mon père de s’instruire. Mais, en Italie, et plus encore à cette époque, il y avait toujours quelqu’un pour vous inoculer le virus du bel canto ou delle belle lettere. Le chant et la poésie sont à Naples des Arts Majeurs. Mon père avait dû entendre déclamer les vers de la Comédie par quelques troubadours de passage. Et quand il dut quitter vite vite son pays, il emporta dans son fragile bagage quelques bribes de gloire. Ces bribes de gloire que sont Michelangelo, Leonardo, Giotto, Verdi… et qu’il m’a transmises ; héritage grâce auquel j’ai réussi à ne pas m’effacer dans le mépris convenu des vrais français.

Mais voilà une heure que je vous bassine avec Dante. Savez vous qui il est, le connaissez-vous seulement ?  Oui ?! Ah, oui, vous le connaissez ?
Comme c’est étrange… Eh bien moi, non, figurez-vous.
Dante danse dans ma vie depuis des décennies, et pourtant il m’échappe sans cesse. S’il se donne à moi, parfois entièrement et de manière inattendue, il demeure la plupart du temps lointain, mystérieux, inaccessible. Sept siècles nous séparent, mais je ne pense pas que là soit la raison de son évanescence. Je crois que cela tient à la substance même de Dante, comparée à l’indigence d’un esprit comme le mien. Il est un Titan, je ne peux que frôler ses chevilles célestes. Mais, mamma mia, je ne céderais ma place pour rien.

Dante et sa Divine Comédie : dans le « Guinness des Records »

L’œuvre de Dante a été vite reconnue, grâce sans doute au grand Boccaccio (auteur du Décaméron) qui, 50 ans après sa mort, l’a hissé au rang de la légende, lui inventant une vie merveilleuse et transformant le titre initial de Comédie en Divine Comédie. Dès lors, l’œuvre de Dante n’a plus cessé de hanter l’esprit humain.
La Comédie a été écrite en langue vernaculaire et non en latin, comme l’étaient les textes de l’époque. Dante voulait, avec cet écrit, faire de Florence, sa ville natale, le fleuron de l’Italie du XIVe siècle. On peut estimer qu’il a atteint son but puisque la langue de la Comédie est passée langue officielle de l’Italie.
Je suis incapable de dénombrer les études en Dantologie existant à ce jour. Des centaines de pages apparaissent dès qu’on interroge un moteur de recherche.
Dante est partout dans la société italienne. Son image fait vendre les produits les plus divers : le papier toilette Foxy ou Rotolini Regina, les IPad, l’huile qui porte son nom, les machines à écrire Olivetti dans les années 60, les plats surgelés. Dante (en compagnie de Lucifer) regarde le foot à la télé, vend des tablettes Samsung, ou encore conseille le citoyen Italien sur la gestion de l’eau du robinet.
Des acteurs populaires de plusieurs pays donnent des lectures intégrales de la Comédie. Des Sociétés Dantesques fonctionnent aux quatre coins du globe.
Dante est devenu le héros de Jeux Vidéo, de BD, de mangas japonais. Et que dire de « La Comédie Humaine » d’un certain Honoré de Balzac ? De nombreuses adaptations cinématographiques ont été faites de son œuvre.
Bref, je ne vais pas tout citer, ce n’est pas le sujet de l’article.
Je voulais seulement te donner quelques indices pour que tu comprennes une chose, lecteur,  c’est que le jour où tu lis ce que Dante déchiffra sur la porte de l’Enfer, tu restes prisonnier de la Comédie pour le reste de ton existence.

“Per me si va ne la città dolente,                              
Per me si va ne l’etterno dolore,                               
Per me si va tra la perduta gente.                                                                                 
Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate”.       

« Par moi, vous pénétrez dans la cité des peines ;  Par moi, vous pénétrez dans l’éternelle douleur ;  Par moi, vous pénétrez parmi les êtres perdus.  Abandonnez tout espoir, vous qui entrez. » 

(Tout le suc se perd à la traduction. C’est la raison pour laquelle je te mets les textes en VO.)
On ne ressort jamais de la Comédie. On ne revient jamais dans le monde ordinaire, en tout cas, jamais identique à celui qu’on était avant de franchir la porte de l’Enfer.

Sept cents ans n’ont pas affaibli la force du poète

À dire vrai, on possède peu d’informations fiables sur la vie de Dante le Florentin. Son premier biographe, Boccaccio, ne s’est d’ailleurs pas gêné pour créer un homme à la mesure du Titan. Au fil du temps, Dante est devenu un héros.
Je crois, au contraire, qu’il fut un homme assez quelconque. Alors que pour certains de ses contemporains, les hauts faits sont rapportés en nombre, il n’en est rien pour lui. On sait qu’il occupa une seule charge honorifique : prieur de la ville de Florence, mais seulement durant quelques mois. Le seul fait de guerre où il se soit illustré est la bataille de Campaldino (11 juin 1289), une victoire des Guelfes qui anéantirent les Gibelins. On sait que ce jour-là, en compagnie de son ami Guido Cavalcanti (autre poète de renom), Dante a passé nombre de Gibelins au fil de son épée.
Mais voilà que j’utilise des termes que tu n’as peut-être jamais entendus : Guelfes et Gibelins.

Florence à feu à et sang durant deux siècles

Pour te faire une idée de ce que fut la société de Dante, essaies d’imaginer une guerre civile qui s’étalerait sur deux siècles. Florence n’est pas une ville, mais une république. (L’Italie est une mosaïque de républiques.) Deux clans s’y déchirent : les Guelfes et les Gibelins.
Les Guelfes sont divisés en deux factions : les Blancs (à laquelle appartient la famille Alighieri) et les Noirs (extrémistes). Les Guelfes Blancs et Noirs sont papistes et luttent contre les Gibelins qui soutiennent l’Empereur d’Allemagne. Florence, régulièrement mise à sac par le déchaînement des factions adverses, vit dans la terreur constante. Les batailles sont sanglantes, les quartiers dévastés par les incendies. Dans la rue, il suffit qu’une voix te dénonce pour que tu sois saigné sur place, illico. Tout citoyen influent vit sous la menace du bannissement ou du bûcher. Dante a dû bien souvent sortir sa rapière pour attaquer, se défendre.

Si l’on ne connaît pas cela, je crois qu’on ne peut pas comprendre la violence de la Comédie. Son auteur a cherché la porte céleste, seule solution à même de le délivrer d’un monde de sang et de fureur.

Cher lecteur, bien que tout cela soit passionnant, je ne vais pas entrer dans les détails, je dois m’efforcer de garder la mesure de cet article. Je te laisse imaginer la vie brutale qui fut celle de notre poète.
L’ultime violence dont il fut victime (certainement la pire de toute pour cet homme), fut le bannissement de Florence.
En 1302, la guerre civile ne connaît plus de limites. Les rivalités internes et la scission du parti Guelfe créent les conditions pour accuser Dante de complot et de malversations. La peine requise est la confiscation totale de ses biens et l’exil. On lui propose, cependant, de commuer cette peine en s’acquittant d’une amende de 5.000 florins. Dante refusera pour ne pas « plaider coupable.»
Désormais, le voilà ruiné, banni et même condamné au bûcher.
L’errance et l’indigence règnent sur les vingt dernières années de sa vie. On le voit aller « de maisons en maisons », vivant aux crochets de bienfaiteurs. Durant les premières années d’exil, il tentera de retrouver sa légitimité, intentant de multiples procédures pour finalement abandonner tout espoir, et vivre les dernières années de sa vie, banni et miséreux.
C’est dans ce contexte qu’il compose sa Comédie durant une quinzaine d’années.

Les larmes de l’exil

Il y a, dans la Comédie, une petite musique que les exilés connaissent bien. Quant à moi, je l’ai vécue par procuration grâce à mon père. Chez Dante, elle se retrouve notamment dans la manière de citer les noms de ses compatriotes, dans l’élan de son cœur quand s’élève une voix florentine depuis les bourbiers du Purgatoire.

Mon père s’était exilé. Il avait à son passif une tentative de meurtre que la justice italienne ne lui pardonnait pas. Une sale histoire. Il prit la route de France, passant les Alpes avec un groupe de contrebandiers de tabac ; vécut à Briançon avant de s’installer sur la Côte. Vingt ans il resta sans remettre les pieds là-bas. Si notre première incursion en terre interdite se déroula sans problème, la seconde fut fatale. Nous avions passé la journée à découvrir Florence, et nous dormions dans un grand hôtel, le Dante, bien entendu. Les carabiniers sont arrivés dans la nuit, et mon père a dû les suivre. Vingt-deux ans après les faits, ils l’avaient retrouvé. Heureusement, nous avions alors de la famille dans les affaires et au Vatican. Et il est vrai que te faire cracher dans les bronches à une heure du matin par un ministre a de quoi ratatiner n’importe quelle conscience policière.
Cette nuit-là, l’Italie moderne consentit à effacer le crime de mon père, mais la Florence médiévale, elle, n’a jamais voulu réintégrer Dante en son sein.
Bien que rentré en grâce, mon père a toujours vécu comme un exilé, c’est-à-dire un gars toujours à cran. Un gars aux appétits et aux illusions exacerbées. Un cœur condamné à glorifier un morceau de terre inaccessible, qui se refuse, s’efface à peine elle s’ébauche et ce faisant n’en finit pas de gagner en merveilleux.
Il y a de cela en filigrane dans la Divine Comédie. Je suis sûre que ce manque, cette béance, ont été le nerf nécessaire pour écrire ce poème dément et halluciné.

« Mon innocence est ma forteresse »

Il y a une autre motivation dans la création de la Comédie, celle de désigner soi-même son Juge.
Réellement innocent, Dante fut l’objet d’une écœurante machination. Voilà encore un point où nos histoires se rejoignent.
Si de mon côté italien on affirme être sûr de sa filiation, mon côté français se glorifie de bâtardise héréditaire. Il se trouve, donc, que j’aurais en commun quelques gènes de l’illustre famille des Montcalm. À l’époque de Louis XI, Montcalm fut accusé de complot. Heureusement pour lui, les véritables coupables furent démasqués, jugés, roués et écartelés selon les us. Louis XI réintégra mon ancêtre putatif dans ses droits, lui attribua les biens des comploteurs, ajouta une tour à son blason et signa lui même sa devise « Mon innocence est ma forteresse ».
Va savoir pourquoi, (les psycho généalogistes nomment cela scenario), j’ai souvent été accusée de « crimes » auxquels j’étais étrangère.
Je connais donc parfaitement le désespoir qui t’abasourdit quand de toute évidence les dés sont pipés. C’est un mélange démentiel d’anéantissement et de colère. Tu voudrais démonter l’univers, mais quoi que tu fasses, tu restes comme un couillon. Il n’y a plus rien à quoi tu puisses te raccrocher. Tu tombes. On te broie. Ton existence est niée, violée, piétinée. Il n’y a plus rien. Et là, tu réalises que jamais justice ne sera rendue en ce monde. Il ne reste plus qu’à te jeter dans le vide en espérant que Dieu sera ton Juge.
Comme disait Cioran : « Celui qui a tout perdu conserve comme dernier recours l’espoir de la gloire ou du scandale littéraire »

Et Béatrice dans tout ça

On ne sait pas qui elle est vraiment, et même si elle a jamais existé. Ce qui compte, c’est qu’elle fut pour Dante une sorte d’Infusion Divine. Elle incarne l’Espérance qu’il dut abandonner devant la porte de l’Enfer. Béatrice fut la recherche d’absolu qui lui permit de ne pas sombrer dans la folie.
Selon les commentateurs, Béatrice serait « la dame » de Dante, influencé par les Troubadours Provençaux durant la première partie de sa carrière de poète. Selon d’autres études, elle représenterait la Théologie.
Mon hypothèse, si tu veux la connaître, est la suivante. Dante, c’est un fait, a été un joli noceur, et des filles de bordel, il en a usé et abusé. Béatrice fait partie de son processus de résurrection, elle est le sauf conduit qui l’autorise à passer dans l’autre monde, dans la Vita Nova, seule alternative à la société corrompue qui a laminé le poète. Dante se sauve in extremis grâce à Béatrice et, grâce à elle, s’établit dans l’Invisible.

Si tu n’as pas le courage de lire la Divine Comédie

Cher lecteur, j’abrège, j’abrège.
Imaginons que tu ne l’aies pas encore lue, et que tu trouves trop risqué d’aller chasser le tigre en espadrille.
Vas donc au cinéma ou achète des DVD ou des Blue Ray.
Tu veux connaître l’Enfer ? Je te conseille de visionner le film de Pasolini : Salò. Les 120 jours de Sodome. Je te préviens que tu devras avoir le cœur bien accroché, mais le petit génie a su transposer les éléments de l’Enfer aux délires fascistes ainsi qu’à leur inique république. Frisson et haut-le-cœur garantis.
Autrement, précipite-toi sur une copie de 8 ½ De Fellini. Tout y est. Virgile, la raison, l’intellect, c’est Anouk Aimé (Gemma Donati, épouse de Dante). Béatrice, c’est Claudia Cardinale, plus belle que jamais dans d’inoubliables gros plans où elle dit de sa voix rauque comme la mer quand elle reflue emportant les galets de la plage : « Je suis là pour mettre de l’ordre, pour faire le nettoyage » ou « Parce qu’il ne sait pas aimer. Parce qu’il ne sait pas aimer ». Fellini avait demandé à son chef opérateur de réaliser un miracle technique afin que Béatrice puisse descendre de son Paradis, et s’incarner en Claudia.

Si tu te sens le courage…

Tu trouveras aisément la biographie de Dante, mais à part la Vita Nova et quelques poèmes lyriques, il a surtout écrit des essais politiques, religieux, philologiques, etc. qui n’intéressent plus personne de nos jours.
Si tu veux mieux le connaître, je te conseille ce site ici
Tu peux télécharger des PDF de la Comédie en français et en italien, vas ici
Essaie de lire en italien, ou télécharge un acteur en train de lire

Dante, notre père qui êtes aux Cieux

Comme je l’évoquai en début d’article, Dante fait partie de l’héritage légué par mon père. Quelles que soient les offenses subies dans cette vie, mon cœur n’a jamais faibli, et je n’ai jamais abjuré mon appartenance italienne. Et je te prie de croire que la chose n’a pas toujours été facile. Quand je me faisais traiter de sale gosse de napolitain, de bouffeuse de macaroni et j’en passe, j’avais une certitude gravée au fond de moi : pour que ces injures réussissent à m’atteindre, elle devaient d’abord frapper la tempe du Titan. Et il était évident que ces petits bras, ces petits cailloux n’atteindraient jamais les sommets de l’Annapurna. Dès lors, je savais que dans l’ombre de mon poète, je ne risquais rien. Il a été mon rempart. Avec le temps, il est devenu mon ascenseur vers les étoiles.

Mon père est mort le 15 janvier 2001. La colère avait creusé entre nous des gouffres infranchissables ; nous étions devenus des étrangers. Or, au moment de mourir, son esprit est venu jusqu’au mien et, dans le cadre d’un événement mystique et inexplicable, mon père est venu me proposer le Pardon indispensable à la poursuite de mon chemin solitaire.
J’ai agrippé ce Pardon dantesque.
D’après ce que je connais de son existence terrestre, je pense que mon père aura été conduit dans le premier giron du 7ème cercle des enfers. Une rivière de sang bouillonnant y dévore ceux qui ont nui aux autres par violence.
Mais par ailleurs, j’ai lu, au chant 23 du Purgatoire, qu’il suffit d’une prière sincère pour que l’âme des damnés puisse échapper aux tourments de l’Enfer.

« Con suoi prieghi devoti e con sospiri                  
Tratto m’ha de la costa ove s’aspetta                                       
E liberato m’ha de li altri giri »

« Ses larmes, ses soupirs, ses dévotes prières  // M’ont tiré de la côte où les âmes attendent,  // M’évitant le séjour dans les cercles suivants. »                                              

C’est donc ce que j’ai fait alors : j’ai prié pour mon père dans l’espoir de commuer sa peine. Ma foi étant bien infime pour lui permettre d’atteindre le Paradis, j’espère lui avoir, au moins, ouvert un chemin vers le Purgatoire.
Si tel est bien le cas, son esprit arpente en ce moment même les ruelles de Naples où des mains dévotes allument des cierges aux âmes du Purgatoire, les honorent et les consolent par des offrandes.

Disons qu’il en est ainsi, cher lecteur, et je vais à présent te quitter, en espérant que tu viendras à ton tour là où Virgile t’attend ; que tu entreprendras ce fabuleux voyage à travers les limbes.

« Nel mezzo del cammin di nostra vita                                                  
Mi ritrovai per una selva oscura                                        
Che la diritta via era smarrita                                            
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura                               
esta selva selvaggia e aspra e forte                                 
che nel pensier rinova la paura ! »                                        

« Quand j’étais au milieu du cours de notre vie   Je me vis entouré d’une sombre forêt  Après avoir perdu le chemin le plus droit.  Ah ! qu’elle est difficile à peindre avec des mots,      Cette forêt sauvage, impénétrable et drue  Dont le seul souvenir renouvelle ma peur ! »                                           

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