Catégories
Chronique

Adieu Amériques

Adieu Amériques est un projet littéraire que je portais depuis de nombreuses années.

La première ébauche date de 1987. A cette époque, j’avais intitulé le récit : Exil. Bon, j’avais alors une petite manie : j’écrivais à l’encre sur pelure d’oignon bleue. Inutile de préciser qu’au bout de quelques années, le texte s’était entièrement effacé.

J’ai remis la machine en route en 98. Cette fois-ci le projet était intitulé Body and Soul. Modernisée j’écrivais uniquement sur mon ordinateur. Le texte a croupi sur une disquette 3,5 pouces avant de disparaître avec les machines capables de les lire.

Je suis revenue à la charge en 2014. Le nouveau titre Bientôt nous nous Aimerons vit le jour en auto-édition. Mais peu de temps après sa sortie, j’en fus tellement insatisfaite (pour ne pas dire horrifiée) que je décidai non seulement de tout faire pour en effacer la trace (gageure au temps de l’Internet), mais de changer mon nom d’auteur.

Bonne lecture à tous

Catégories
Chronique

Big Jim de Guilhem Cadou

Big Jim

Une ode à la « route ». Un long poème de pluie et de tourbe

Les Presses Littéraires – ISBN 979-1031005447 – 290 pages – 18 € ici

Dès la première phrase de ce roman : « L’homme dégoulinait d’eau noire car il sortait du ventre de la terre », le lecteur est prévenu de ce qui l’attend en se lançant dans la lecture de Big Jim de Guilhem Cadou.

L’image nous suggère un scénario de naissance ou de renaissance. Celui qui se fera appeler Jim, Big Jim naît ou renaît au monde, non plus bébé, mais homme, peut-être même vieillard ou hors d’âge comme un vieux whisky irlandais.

Catégories
Chronique

Alliance de Marie Berchoud

Marie Berchoud

une écriture incisive au service d’un esprit affûté

ISBN-13 : 979-1026236375 – 202 pages – prix 13,90€ ici

Je ne sais pas ce qui me fait fuir le plus loin quand je lis “histoire d’amour” (je ne parle même pas de romance, parce que là, déjà, je me suis esbignée depuis longtemps).
Est-ce le mot amour qui me file des impatiences ? amur ? ou carrément Amour puisque nous sommes à la mode du a majuscule. Vous savez, cette majuscule qui vous prévient qu’ici on ne badine pas, on est trois étages plus haut que le vulgus pecum.
Ou serait-ce seulement le mot “histoire” ? Parce qu’alors là, j’ai de suite l’impression qu’on me l’a déjà racontée moult fois et qu’elle n’est pas très originale.
Bref, vous l’aurez compris, “l’histoire d’amour”, c’est pas mon truc.
Alors quand mon pote me dit : « Lis Berchoud. Lis Alliance ! » j’ai comme un flottement dans la direction.
Mais la nana (la Berchoud) on dirait qu’elle sait manier le Bic 4 couleurs. Du coup, je m’y colle.
Alors, voilà, Marie je vous le fais à ma façon (rustique).

Catégories
Expérience

La mémoire et les livres

Jeune étudiante, j’ai gardé un livre fermé à mes côtés pendant des mois avant de trouver la force de faire face à son titre : « La mort viendra et elle aura tes yeux ». Il s’agit d’un recueil de poèmes écrit par Cesare Pavese.

Des mois durant, je tripotai ce livre fané, trouvé chez un bouquiniste, « Verrà la morte et avrà i tuoi occhi », sans me résoudre à l’ouvrir. Que connaissais-je de la mort à dix-huit ans ? En fait, je ne l’avais véritablement rencontrée qu’une seule fois. Je l’avais vu installer son théâtre dans une chambre « d’hôpital », puisque c’était ainsi qu’on appelait cet ancien couvent aux murs couverts de fresques lépreuses, aux portes arrachées, au mobilier absent. Une salle vaste parcourue de gémissements. J’avais une dizaine d’années et, depuis le matin, après douze heures de conduite à tombeau ouvert, je me retrouvais au pied du lit de Guiseppe, mon grand-père mourant.

Catégories
Expérience

L’inspiration

Une forêt, deux guides : F.F. & P.P.P.

J’ai longtemps cru manquer de chance, car la vie que je menais ne me laissait jamais le temps de réaliser mon rêve de toujours : écrire. Non seulement je n’avais pas le temps, mais en plus j’avais peu d’idées. Imagination zéro. Jusqu’à ce qu’une croyance finisse par prendre racine en moi : trop tard, trop vieille pour écrire un livre ! Et la tristesse qui allait avec cette pensée ne tardait jamais à rappliquer. J’étais passée à côté de mon rêve, je m’étais, en quelque sorte, trahie et abandonnée.

Mais une fois de plus la vie devait me donner tort. Un jour, tout est venu. Le temps et les idées. D’un coup les idées sont arrivées à flots, en avalanche ; je n’en manquais plus, au contraire, j’en avais assez pour écrire non pas un roman, mais plusieurs, des dizaines.