Pas Bouillir (4/5) « Un le Tout »

Il y a une autre manière de vivre dans le monde, une façon différente de celle qui nous est inculquée par la culture, les médias, les réseaux sociaux. Une manière qui ne découle d’aucune philosophie, d’aucune religion, et bien entendu d’aucun avatar de la pensée rationnelle fondatrice de notre civilisation moderne.

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Pas bouillir (3/5) « Se construire dans un monde de ruines »

Ainsi, j’avais découvert deux informations réconfortantes. La première (voir article Pas Bouillir 1) : je n’étais pas un fétu de paille baladé au gré des vents, mais le ferme maillon d’une chaîne nommée Tradition. Seconde information (voir article Pas Bouillir 2) : je n’avais jamais été, contrairement à mes croyances, prisonnière d’un espace-temps insignifiant, mais au contraire résidente d’un espace-temps sacré. Deux révélations, lesquelles, malgré leur caractère magnifique, ne me permettaient toutefois pas de ressentir l’apaisement véritable que j’appelais de mes vœux.

Une question me tourmentait à présent : « Que faire de mon petit moi, de mon misérable ego, de cet amas glauque de croyances, de superstitions et de peurs mélangées ? Que faire de cet individu sans intérêt, avec son pathos, ses complexes à deux balles, ses aspirations dérisoires ? Comment me débarrasser de cette machine à dupliquer des scenarios accablants de banalité, à recracher un savoir de pacotille ? En bref, comment pactiser avec le guignol dégénéré que je retrouvais dans ma peau chaque matin à mon réveil ?

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Pas bouillir 2/5 « Nouvelles brèves du Cosmos »

Je vivais dans une société où l’année commence au 1er janvier et finit le 31 décembre à minuit. Où le temps est celui du calendrier des postes (accessoirement Grégorien), où l’emploi de ce même temps relève de Quo Vadis (l’agenda) et s’articule en périodes ouvrables, dimanches, fériés et vacances ainsi qu’on appelle ces pincées de jours programmées pour que tu reprennes du poil de la bête et alimentes l’impression d’être libre et de t’éclater. Une société où le temps est débité en tranches de la naissance à la mort.

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Pas bouillir (1/5) « Tu appartiens à une lignée »

Je continuerais volontiers et de préférence à me taire s’il n’était pas devenu aussi urgent et impérieux de parler au contraire, de poser sur la table tout ce qui peut et même tout ce qui pourrait engendrer la moindre étincelle nécessaire à l’allumage d’un grand feu purificateur.

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#Ecrire à propos de la double culture (seconde partie)

Double culture veut non seulement dire « double série de représentations du monde », mais également double langue. Et quand on prend en considération qu’une langue est déjà en soi un outil d’abstraction du réel, on comprend à quel point cela rend l’exercice d’écrire plus complexe encore.

J’ai parlé du conflit immanent à toute culture dans la première partie de cet article, essayons maintenant d’envisager l’impact que peuvent avoir deux langues sur une écriture.

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#Ecrire à propos d’une double culture (première partie)

Drôle de formule, j’en conviens. Peut-on écrire à propos d’une double culture ? N’est-ce pas plutôt la double culture qui s’écrit à travers nous ?

Je suis née en France, mais seulement un quart de « sang français » coule dans mes veines, le reste est pour moitié napolitain, pour un quart piémontais. Le quart français restant est cévenol (et avec l’histoire qu’on lui connaît, la Cévennes est une bien drôle de France…). Bref, disons qu’il m’a fallu composer avec le cou roide cévenol et le baroque napolitain. D’une part, le sec, le revêche, l’intransigeant, le rigide, le besogneux ; de l’autre l’extravagant, le baroque, l’halluciné, le volcanique napolitain, et le je-ne-sais-quoi piémontais, car, de ce morceau de famille, il ne fallait jamais faire mention. Silence du « côté napolitain », parce que le Piémont italien, c’est presque la France, donc terre étrangère e chi se ne frega, et silence du « côté français » parce que le Piémont italien est une terre de bouseux méprisables dont on aurait voulu effacer toute trace.

Nous y voilà.

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Vivre dans une société sans cou…

Ah, ah, ah ! Je vous voir arriver… une société sans cou…

J’aurais aussi bien pu intituler ce billet « Vivre dans une société sans con… » ou carrément « sans c… », mais la liste serait alors si longue que ce serait vous inviter à la noyade.

C’est fou à quel point est élevé le nombre des mots de la langue française commençant par c.

C’est donc après les avoir tous épluchés dans mon Robert que j’ai opté pour « cou… », car j’ai trouvé dans la liste un petit trésor.

Alors, allons y en 9 rounds :

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Un chemin qui a du cœur

Il paraît que tous les chemins se valent et que de toute manière, ils ne mènent nulle part.

C’est en tout cas ce que prétend Don Juan, le mentor et sorcier Yaqui notoire mis en scène par Carlos Castaneda dans son œuvre littéraire.

La suite de la citation est : « Par conséquent, choisis un chemin qui a du Cœur ! »

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A la poursuite de la « Note Bleue »

Il n’y a qu’une seule raison d’écrire, le reste n’est que faux prétextes. Cette raison, c’est la poursuite de la « Note Bleue ».

Les autres arguments, la plupart du temps non conscients et/ou non assumés, et n’ayant rien à voir avec l’acte d’écrire sont : une façon de passer le temps, de se distraire, d’apporter quelque chose aux autres ou de partager quelque chose avec eux ; l’espoir de célébrité ; une stratégie -assez hasardeuse- de faire de l’argent, etc.

Non, n’en déplaise à l’engouement actuel pour la démocratisation de l’écriture, à la dictature des réseaux dits sociaux, tous ces arguments fallacieux n’ont aucun lien avec la littérature pour la simple raison qu’on peut atteindre tout ces buts par de multiples autres moyens.

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Le monde parallèle

Un carrelage noir et blanc comme un damier recouvrait le sol de l’entrée de l’immeuble où habitait ma grand-mère. J’avais décrété une loi suprême interdisant à quiconque de fouler les carreaux blancs.

En ma présence, personne n’était autorisé à marcher sur un des carreaux blancs qui s’étendaient entre la porte d’entrée et la première marche de l’escalier qui conduisait aux deux étages que comptait l’habitation.

Les carreaux noirs étaient bons et magiques, y poser le pied -je m’en souviens encore- procurait une sensation mystérieuse et excitante, ce qui n’arrivait jamais quand on posait le pied sur un des pernicieux carreaux blancs. Traverser le hall sans tenir compte du pavé, comme l’appelait ma grand-mère, aurait été à mes yeux non seulement une pure hérésie, mais c’était surtout courir le risque fou d’être déquillé par un des perfides carreaux blancs.

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